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Liaison

Seine-et-Marne
Fontainebleau continue à grignoter la forêt
Située dans une clairière du massif domanial l'agglomération Fontainebleau- Avon a régulièrement grignoté la forêt : installations sportives sous convention d'occupation théoriquement précaire, construction d'un lycée-collège, d'une école de management et d'un IUT, construit illégalement. A chaque opération, échange de terrains : des parcelles boisées privées en lisière extérieure de forêt venant compenser au décuple les parcelles livrées à la construction en lisière interne. Si la forêt domaniale s'est ainsi agrandie, le massif forestier, s'est trouvé amputé à chaque fois.
Au sud de
l'agglomération de Fontainebleau une caserne jouxte le parc du Château. Depuis
la dernière guerre elle a été agrandie de plus de 50 hectares attribués sans
contrepartie à l'OTAN puis à l'Ecole interarmées des sports et au Centre des
archives contemporaines. De plus une parcelle forestière voisine de 14 ha, a
été prêtée par le ministère de l'Agriculture au ministère de la Guerre en 1891.
Le décret signé par le Président Carnot fait référence à un accord entre les
ministères disant "qu’en cas d'abandon de tout ou parties des surfaces
affectées, le terrain fera retour de plein droit à l'administration forestière,
... le reboisement en sera exécuté par les soins du service forestier aux frais
du département de la Guerre". Depuis, une petite partie en a été attribuée
définitivement à l'Armée en 1935 pour y construire des logements, actuellement
propriété d'une société d'HLM. Mais, qu'advient-il du reste dont le ministère
de la Défense n'a plus besoin ? Une partie, désaffectée en 2001, contient un
hangar utilisé comme salle de spectacles par la ville de Fontainebleau pendant
la réfection du théâtre municipal, et, une seconde halle fermée, que la ville
veut utiliser pour ses ateliers techniques. La curiosité est que la ville paie
un loyer à l'Armée, qui n'en est légalement plus propriétaire !
Spéculation immobilière
La seconde partie,
la plus vaste, sur laquelle sont bâtis des hangars ouverts, est celle qui fait
le plus parler d'elle. Depuis 1999, l'Armée veut la vendre à la Communauté de
communes : à cette époque, l'utilisation envisagée était une pépinière
d'entreprises. Il a fallu six ans à l'Armée pour admettre qu'elle n'était pas
propriétaire, en vertu du décret Carnot. Qu'à cela ne tienne, le préfet a signé
le 3 mai 2006 un arrêté qui affecte ces terrains au ministère de la Défense
(qui n'en a pas besoin, si ce n'est pour renflouer ses caisses en les vendant !
) et affecte au ministère de l'agriculture d'anciens terrains de manœuvres,
dont l'armée n'a plus besoin, situés dans la forêt des Trois pignons). Il
s'agit d'un échange ... de pure spéculation immobilière, qu'on essaie
d'habiller d'intérêt général en faisant miroiter le projet de construction d'un
hôpital.
Situé au nord de
l'agglomération, facile d'accès, l'hôpital actuel y est voisin d'une
polyclinique privée, qui envisage un partenariat public-privé, ainsi que de
nombre d'installations à vocation sanitaire et sociale (IRM, maisons de
retraite, etc.), et ... voisin aussi de deux anciennes casernes désaffectées
par le ministère de la Défense et qui se prêteraient parfaitement à la
restructuration de l'hôpital. Mais l'Armée veut vendre ses terrains au prix
fort. La ministre s'est même engagée à financer l'étude d'urbanisme qui
aboutira à obtenir la meilleure rentabilité (sans annoncer officiellement que
ce ne peut être que des logements haut de gamme). Le maire de Fontainebleau est
sur la même ligne : seule la parcelle forestière convient, selon lui, pour
reconstruire (sur fonds privés) le futur hôpital qui comprendra une partie
publique et une partie privée, attribuée à l'actuelle polyclinique. Honni soit
qui mal y pense !
Les associations
qui se battent pour l'application stricte du décret Carnot sont qualifiées de
ringardes. Elles ont pourtant déjà obtenu que l'administration prenne en compte
ce décret. L'arrêté du 3 mai 2006 est une façon de le contourner. A nous de
prouver qu'il est illégal, et attentatoire au site du château et à son écrin
forestier.
Jean Vuaillat,
Secrétaire général,
Comité de Défense,
d'Action et de Sauvegarde d'Avon,
CDAS Avon,
rue du Vieux Rû,
boîte 18,
77210 Avon.
Tél. : 01 60 71 18 49.
Courriel : virot.jean-marie@neuf.fr